Une slow décoration en coton écologique

 

Le coton est la fibre végétale qui entoure les graines du cotonnier. Il représente actuellement 37% de la production textile mondiale et est l’une des matières textiles les plus utilisées en décoration (linge de lit, linge de table, rideaux, tapis, …). Le coton est exploité depuis plus de 14 000 ans en Égypte, 7000 ans au Mexique, et 3000 ans en Inde mais les plus gros producteurs actuels sont la Chine, l’Inde et les États-Unis. Le coton était autrefois ramassé à la main, c’est avec la révolution industrielle que des machines ont changé les modes de ramassage et de production. Le coton est largement utilisé car ses caractéristiques sont appréciées : peu coûteux à produire, hypoallergénique, doux, absorbant et facile d’entretien. Cependant, cette matière que l’on adore a certains revers.

 

UN IMPACT ENVIRONNEMENTAL LOURD

Un impact carbone conséquent

Le coton est récolté dans un pays, puis traité et tissé dans un autre, il peut changer à nouveau de pays pour la confection des vêtements, puis reviens en France. La multiplication des phases de transport pollue excessivement l’air que nous respirons. La production d’un T-shirt de 250g produirait 5,2 kg de CO2, soit autant que 27 kms en avion.

Une production aquavore

La culture du coton demande beaucoup d’eau. Le Water Foot Print estime que pour un T-shirt de 250g, l’irrigation seule du coton nécessite plus de 2500L d’eau.

L’utilisation massive de pesticides chimiques

À l’image de l’agriculture massive, la production de coton utilise également de nombreux pesticides chimiques afin d’améliorer les rendements. L’utilisation des pesticides appauvrissent notamment les terres.

Des teintures polluantes

Les législations sont moindres dans certains pays qui utilisent encore des métaux lourds et d’autres éléments toxiques pour teindre leurs textiles. Ils déversent les déchets dans l’eau et contaminent ainsi la mer.

 

UN IMPACT SANITAIRE ET SOCIAL TOUT AUSSI INQUIÉTANT

Un impact sanitaire pour l’agriculteur et pour le client

L’utilisation de pesticides et la présence de métaux lourds comme le plomb ou le chrome dans les teintures impactent la santé des producteurs en particulier. Pour le consommateur, ce sont le dégagement de COV (Composés Organiques Volatiles) qui peuvent atteindre sa santé, ainsi que les composés allergènes une fois en contact à la peau.

Esclavage moderne et travail forcé

La situation du travail forcé à travers le ramassage à la main est bien connue dans certains pays comme l'Ouzbékistan.

ZOOM sur le cas de l’Ouzbékistan :

L’Ouzbékistan est le 6eme producteur mondial et 5eme exportateur mondial de coton. Le pays est connu depuis de nombreuses années déjà pour être un pays autoritaire qui pratique le travail forcé et le travail des enfants dans le cadre de leur or blanc : le coton. Cette problématique est bien connue par les géants tels que IKEA, Primark, Zara Home, H&M, Marks and Spencer… qui ont signé The Cotton Pledge qui indique qu’ils s’engagent à ne pas utiliser de coton Ouzbek.

Dans l’émission Cash Investigation, Coton : l’envers de nos T-shirts, on découvre comment fonctionnent les filatures de coton au Bangladesh, dont celle à qui achète Zara, H&M et Carrefour notamment. Pour commencer, on y trouve des enfants, certains qui travaillent de nuit alors que la loi l’interdit, et des conditions difficiles pour tous. On découvre également que la même filature traite du coton américain et du coton Ouzbek, et qu’il est impossible pour ces grandes marques de savoir lequel de ces coton est utilisé pour leurs produits. Certaines avouent même n’avoir aucune idée de la provenance de leur coton.

COMMENT CHOISIR UN PRODUIT EN COTON ÉCOLOGIQUE POUR UNE SLOW DECO ?

Vous pouvez faire confiance à plusieurs labels pour vous guider dans vos achats :

Un coton issu de l’agriculture biologique

Le label GOTS (Global Organic Textile Standard) est le principal ecolabel bio international. Il garantit un coton cultivé selon la réglementation de l’agriculture biologique et qu’aucune substance toxique n’est utilisée dans la fabrication ou l’impression du textile. Le label garantit également que des conditions de travail décentes sont assurées aux producteurs.

Un coton sain pour la santé

Le label Oeko-Tex est davantage axé sur des garanties sanitaires. Il existe deux niveaux de labellisations, le premier (STANDARD 100) assure qu’aucune substance nocive ou allergène n’est présente dans le tissu. Le second niveau (MADE IN GREEN) assure également un management de la production qui protège un maximum l’environnement (même si ce n’est pas Bio) avec une traçabilité optimum. Ce dernier garantit également que les producteurs bénéficient de conditions de travail décentes et qu’aucun enfant ne travaille.

Un coton équitable

Le label Max Havelaar garantit un revenu et des conditions de travail décents pour les producteurs. Il encourage davantage les organismes de solidarité autour du travail des femmes, des petits producteurs et des coopératives. Leur coton est également garantit sans OGM, mais pas sans pesticides.

Se méfier du greenwashing massif

Certains labels sont davantage des acteurs du greenwashing comme la Better Coton Initiative (BCI). Il s’agit d’un label créé par Ikea pour répondre aux attentes des marques. Il est présenté comme un label responsable par certaines marques, or la BCI a un fonctionnement un peu particulier. Pour commencer, on est loin du Bio, les agriculteurs doivent seulement utiliser “moins de pesticides”. Ensuite, une marque labellisée BCI n’utilise pas forcément ce coton là. Les usines n’ont aucune obligation de l’utiliser et utilisent le coton en fonction des arrivages. La traçabilité de leur coton est donc très difficile.

Pire encore ! Le coton BCI est en pleine expansion car la solution est attrayante pour les producteurs. Or depuis la montée en puissance de ce coton BCI, le coton Bio est en perdition. En effet, les producteurs, gagnent plus d’argent en faisant du coton BCI qu’en faisant du Bio car il est plus productif grâce à l’utilisation de pesticides. Ainsi ceux qui faisaient du Bio changent pour faire du coton BCI et utilisent à nouveau des pesticides alors qu’ils n’en utilisaient plus.


Enfin, souvenez vous que si c’est VRAIMENT pas cher, c’est qu’il y a anguille sous roche. Comme le dit Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Ethique sur l’étiquette : “Ce n’est pas possible de produire un vêtement à 5€, même si une entreprise nous affirme que c’est réalisé dans une entreprise éthique.” Mais ce n’est pas parce que c’est cher que c’est responsable.

Autres sources : Blog Dressing Responsable, Site ConsoGlobe