Slow céramique respectueuse de l'environnement

 

La céramique c’est le travail de l'argile, de la terre, façonnée au tour, modelée, coulée dans un moule, pour en faire de l’utilitaire ou de la décoration. La terre c’est aussi la Terre, celle qui nous porte et nous nourrit. Alors “céramique éco-responsable” sonne comme un oxymore, or l’artisanat de l'argile peut s’avérer polluant si aucune précaution n’est prise. 

 

LA MATIÈRE PREMIERE

  Source :    Léa Munsch

Source : Léa Munsch

Un objet en céramique est en terre or il existe un panel de plus de 3000 terres en provenance du monde entier accessibles à la commande (classées en trois grandes catégories principales : faïence, grès ou porcelaine). La première préoccupation d’une production durable est, à caractéristiques similaires, de sélectionner une terre la plus locale possible afin de limiter l’impact polluant du transport.

  Source : Nicola Tassie, Milk Décoration, Photo : Claire Cocano

Source : Nicola Tassie, Milk Décoration, Photo : Claire Cocano

La terre a la particularité d'être une matière qui n'est jamais déchet. On peut la manipuler, la sécher, l'humidifier à nouveau pour redevenir terre ou la transformer pour un autre usage. Ainsi, il y a toujours une façon de réutiliser un surplus de terre afin de ne pas le jeter.

 

LA CUISSON

  Source :    Léa Munsch

Source : Léa Munsch

Il existe différents modes de cuisson en céramique : cuissons au bois, électrique ou au gaz. Chacune de ces solutions a ses avantages et ses inconvénients et le choix d’un mode de cuisson se fait généralement surtout en fonction des effets souhaités et du mode de production de l’artisan.

  • Les cuissons les moins énergivores sont celles au feu de bois dont la plus connue est celle du Raku. Cependant, cette technique nécessite un espace extérieur dont tout céramiste ne dispose pas. Cette technique de cuisson est surtout utilisée lorsque l’on cherche à obtenir cet effet particulier de craquelures qui lui est propre.

  • Une autre cuisson possible est celle au four électrique. Les pièces sont cuites deux fois dans un four équipé de courbes de cuisson, autrement dit des programmes qui permettent de limiter la perte d’énergie. Les fabricants ne cessent d’innover avec des fours de moins en moins énergivores et de mieux en mieux isolés pour réduire les déperditions énergétiques. Une solution écologique est de coupler ce four à une consommation d’électricité verte.

  • La dernière possibilité est celle d’une cuisson au gaz, or celle-ci nécessite une surveillance constante de la cuisson et est assez contraignante. Cependant, la cuisson au gaz, comme celle au bois, permet de cuire en oxydation ou en réduction, et ainsi d’obtenir des effets de couleur et de texture différents de ceux obtenus dans un four électrique. Il est également possible d’utiliser un gaz vert pour limiter son impact sur la planète.

La question du choix de la terre en fonction de son degré de cuisson est discutable. En effet, la faïence nécessite une cuisson moindre que le grès et que la porcelaine, donc elle consomme moins d’énergie. Cependant, elle est également moins résistante et plus poreuse. A contrario, la porcelaine est la terre qui demande le plus d'énergie en cuisson, mais elle est aussi la terre la plus résistante une fois cuite. Une terre est choisie pour sa technicité, sa couleur, et sa robustesse.

 

LE DÉCOR

Il existe différentes façons de colorer une pièce en argile. On utilise généralement un engobe et/ou un émail qui forment une couche vitrifiée permettant de renforcer la pièce et d'assurer sa non-porosité. Ils sont tous deux généralement composés d'oxydes qui sont toxiques et polluants lorsqu’ils ne sont pas cuits. C’est pourquoi ils doivent être mis dans un bac de décantation et apportés en déchetterie pour être traités de façon conforme.

Par ailleurs, l’oxyde de plomb, de baryum ou le bore peuvent être utilisés dans la fabrication d’émaux. En tant que céramiste, il convient d’être attentif aux précisions des fabricants concernant l’usage décoratif ou alimentaire d’un émail. A titre personnel, je limiterai même entièrement leur usage.

Pour conclure, il n’existe aucun label du type “Céramique durable” à ma connaissance, il est davantage question de la philosophie du céramiste et de sa conscience écologique. Alors la meilleure solution est d’entamer la conversation avec lui.