Du bois éco-responsable pour aménager et décorer

 

Le bois est l’une de ces matières intemporelles utilisées depuis la nuit des temps. Le bois a servi à réaliser les premières assiettes et fourchettes, il a permis de se chauffer, de cuir les aliments, de réaliser un abris. Aujourd’hui, on l’utilise également pour réaliser l’ossature des maisons, pour habiller les façades, les sols et fabriquer du mobilier. Il est durable, renouvelable, organique et biodégradable donc parfaitement écologique. Le bois est un matériau qui, encore aujourd’hui, nous évoque la nature, la chaleur et constitue un gage de qualité. C’est une matière dont on ne se lasse pas et qui donne une atmosphère douce et cosy à une pièce.

Malheureusement, le bois a été victime de son succès et on entend parler aujourd’hui de déforestation et de pollution liés à son traitement et à son acheminement. Vous trouverez dans cet article des pistes pour choisir un meuble éco-responsable ou sélectionner du bois pour des aménagements intérieurs comme extérieurs !

 

CHOISIR DU BOIS ÉCO-RESPONSABLE

Dans l’idéal, il cumule ces trois critères :

Local

Origine, transformation, conditionnement et traitement réalisés localement. Il est préconisé d’utiliser une essence de bois propre à votre région (le sapin et le mélèze dans les Vosges, le châtaignier en Ardèche pour ses qualités imputrescibles par exemple) afin de réduire l’impact écologique lié au transport. A minima, préconisez les bois en provenance de France et d’Europe. Soyez également vigilants quant au lieu de traitement du bois (certains bois français sont traités en Chine pour des raisons de réduction des coûts !);

Labellisé

Labellisé FSC (Forest Stewardship Council) ou PEFC (Pan European Forest  Certification). Ces éco-certifications garantissent que la forêt d’extraction est gérée de façon responsable afin de limiter la déforestation.

Pour rappel, au delà de réduire la quantité de bois disponible, la déforestation entraîne également une qualité de l’air déplorable. Les arbres “recyclent” le CO2 par photosynthèse, autrement dit ce sont eux qui purifient notre air. À savoir que les jeunes arbres en recyclent davantage car nécessaire à leur croissance. Or aujourd’hui on produit plus de CO2 que les végétaux ne sont capables d’en absorber, c’est l’effet de serre. Par ailleurs, faire venir une essence d’arbre de l’autre bout du monde a également un impact écologique qui n’est pas des moindres. Voilà pourquoi il est important de bien le choisir.

Il est recommandé de privilégier le label PEFC qui assure que le bois provient d’un pays européen, alors qu’un bois éco-certifié FSC peut provenir de n’importe quel pays du monde.

Brut ou traité de façon écologique

Les produits de traitement des meubles et parquets en bois sont pour la plupart dangereux. Il émettent des COV (Composés Organiques Volatiles), des produits toxiques qui polluent l’air de votre habitat encore des mois, voire des années après.

Il existe cependant des traitements écologiques comme la cire d’abeille pour patiner et nourrir le bois, le sel de bore comme insecticide, l’huile de lin pour remplacer la laque et le vernis, … et des méthodes écologiques pour traiter le bois.

  Photo : Aurélie Lécuyer pour    atelierordinaire.tumblr.com    +    milkdecoration.com

Photo : Aurélie Lécuyer pour atelierordinaire.tumblr.com + milkdecoration.com

La plus ancestrale est certainement la méthode japonaise de Shou-Sugi-Ban ou Yakisugi qui consiste à brûler le bois. Le processus lui donne une jolie teinte presque noir, et surtout, le protège des intempéries, des UV, des moisissures, des insectes, et même des incendies !

  Maison en douglas, bardage en pin rétifié. ©Clément Darasse

Maison en douglas, bardage en pin rétifié. ©Clément Darasse

Une méthode plus récente inventée par René Guyonnet est celle de la rétification. Il s’agit d’un traitement thermique réalisé en usine. Le bois est mené à haute température (entre 200 et 260°) dans une atmosphère inerte pendant 10 heures. Ce traitement le rend résistant aux champignons, aux insectes et à l’humidité. La rétification n’est possible qu’avec l’épicéa, le peuplier, le sapin, le hêtre, le pin maritime et le pin sylvestre et ne permet que des teintes foncées.

Ces méthodes constituent de parfaites alternatives aux bois d’extérieur traités chimiquement. Elles sont également utilisées pour le mobilier de jardin, les meubles de salle de bain et les plans de travail de cuisine entre autres. Pour traiter votre bois, vous pourrez également trouver des mélanges écologiques tout fait dans les magasins et sur les sites internet spécialisés.

Si vous ne souhaitez pas vous lancer dans ces traitements, jetez au moins un coup d’oeil à l’étiquette des émissions dans l’air intérieur (obligatoire depuis 2013 !) et si la note est inférieure à A+ alors fuyez, et sachez que la législation est très laxiste. Autrement dit, un bois noté A+ dégage malgrés tout des COV, mais moins que ceux qui en dégagent beaucoup…

ATTENTION aux dérivés du bois : bois polymères, agglomérés, mélaminé, OSD (Oriented Strand Brand), contreplaqué, medium ou MDF (Medium Density Fiberboard) émettent des COV (composés organiques volatiles) sont vivement déconseillés. Il s’agit de copeaux, de sciures, de farines de bois collées ensemble. Il s’agit a priori d’une solution écologique puisqu’elle utilise les déchets inutilisés du traitement du bois, cependant la colle utilisée contient de nombreux produits toxiques qui laissent émaner des COV dangereux pour votre santé.

 

DU BOIS ÉCO-RESPONSABLE, OUI ! MAIS LEQUEL ?

Les essences de bois sont multiples. Ne serait-ce qu’en provenance d’Europe, vous pourrez trouver entre autres du chêne, de l’érable, du hêtre, du sapin, du mélèze, du châtaignier, du noyer, de l’acacia, de l’épicéa, du bouleau, du pin, du tilleul… !

Chaque essence de bois a des propriétés qui lui sont propres en fonction de sa densité, et il convient d’en tenir compte en fonction de l’usage souhaité.

Résistance aux champignons et insectes

Le chêne, le châtaignier, l’acacia, le pin Douglas, le mélèze, le cèdre et le cyprès sont naturellement résistants aux insectes et aux champignons. Ils sont idéals pour un usage en façade de maison par exemple. Ces essences sont également les plus écologiques car, grâce à leur résistance naturelle contre les insectes et champignons, ils ne nécessitent pas ou peu de traitements.

Dureté du bois

Un plancher doit être choisi en fonction des caractéristiques de l’essence du bois et des caractéristiques de la pièce. Le chêne, par exemple, est particulièrement résistant et adapté pour le parquet d’une pièce à vivre ou d’un lieu de passage.

Résistance à l’humidité

Elle est évaluée selon cinq classes (il est préférable de choisir un bois de classe 3, 4 ou 5 dans une salle de bain comme de l’acacia ou du châtaignier).

Teinte

Les différentes essences de bois ont également des teintes différentes qui auront un impact visuel dans votre intérieur. Comme on choisit une peinture, il est important de veiller au choix de la teinte d’un bois. Les bois clairs comme le chêne apportent plus de luminosité alors que des bois comme le noyer ou le cerisier sont plus foncés et plus chaleureux. A noter que l’on peut jouer sur la teinte naturelle d’une essence de bois en le traitant, le cirant ou en le lasurant !

Il existe de nombreux tableaux sur internet pour vous aider à choisir votre essence de bois en fonction de votre projet. Le document de l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement est le seul que j’ai trouvé qui incorpore des critères écologiques : voir.

 

Merci à Léo et Etienne, passionnés du bois, pour leur relecture et améliorations.

Sources : Respirez vous êtes chez vous de Florence Leroy, Materiology de Daniel Kula et Elodie Ternaux aux éditions BirkhäuserI, HopFab Blog .